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Lettre flash n°6 du 3 mars 2009

27ème jour de grève

Situation générale

Une reprise en eau de boudin. Nos collègues nous interpellent pour savoir comment faire et que faire. Depuis ce matin, et selon notamment RCI, le recteur aurait demandé aux collègues de rejoindre leurs établissements. On peut lire le communiqué de Bondamanjak ci-dessous.

http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/6843-le-rectorat-de-la-martinique-fait-le-point.html

La reprise des écoles, collèges et des lycées publics et privés doit se faire dans des conditions maximales de sécurité pour les élèves et leurs parents et doit se faire dans des conditions d’hygiène satisfaisantes.

C’est pourquoi Marie Reynier Rectrice de l’académie de la Martinique attend que les personnels, y compris ceux des collectivités, sortent de la grève générale.

Les équipes du Rectorat sont au travail pour assurer non seulement une reprise immédiate dès la fin de la grève déclarée mais également mettre en place un processus de rattrapage des heures de cours perdues.

Les représentants des chefs d’établissement sont appelés demain mardi 3 mars au matin par la rectrice à une réunion permettant de finaliser le rattrapage relatif aux classes de collège et de lycée et plus particulièrement les classes de 3ème, 1ère et terminale.

A ce jour, le nombre de demi-journées perdues :

- Primaire : 18 demi-journées

- Collège : 20 demi-journées

- Lycée : 22 demi-journées

Nous sont parvenus un certain nombre de renseignements concernant les établissements ouverts et leur fréquentation variable de professeurs. Si une collègue m’a écrit pour contester les chiffres de 75% sur le lycée Schoelcher d’autres collègues, du Lorrain, du Lgt Frantz Fanon de Trinité, de Saldès témoignent d’une reprise des personnels sans les élèves.

On nous interpelle aussi pour dénoncer les pratiques de certains chefs d’établissements qui pointent les collègues présents, ou demandent aux collègues qui seraient absents de rattraper leurs heures de cours. S’il est vrai qu’un fonctionnaire est tenu d’habiter à proximité de sa résidence administrative, on ne peut tout de même pas nous demander tout et n’importe quoi. Qu’on soit empêché de venir faute d’essence n’est pas de notre fait mais du représentant de l’Etat, le Préfet qui doit garantir l’ordre et la libre circulation. Cela tombe bien ! Nous sommes des fonctionnaires. On ne peut nous rendre coupable des responsabilités de notre patron.

Interventions radio et télévisées.

Thierry Renard a été très clair hier matin dans son intervention à Politix (http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article232) sur RFO radio : nous ne partageons pas les thèses du SE sur le Second Degré. Ce syndicat s’abrite derrière l’idéal de "Vivre et travailler au pays" que l’on nous serine sous d’autres formes « nous faisons tout pour les petits Martiniquais ». Dans sa prestation le secrétaire de la FSU, peu à son aise devant la brutalité des attaques de la secrétaire du SE, a raté sa prestation. Cela arrive à n’importe qui. Cela nous amène à rappeler les positions du SNES. Nous serons très clairs :

- S’il s’agit de changer la loi dans le cadre de l’article 74, cela reste de l’ordre des décisions du peuple et aucun syndicat démocratique ne pourra contester les choix qu’un peuple peut faire. Mais cela signifiera aussi des mannes financières en moins.
- S’il s’agit par contre d’adapter la loi dans le cadre d’un pacte avec l’Etat, cela ne peut se faire contre le syndicat majoritaire…ou alors, c’est une déclaration de guerre – moins à l’encontre du SNES qu’à l’encontre des personnels de l’éducation qu’il représente et que bafoue le SE avec une outrecuidance peu commune.
- Concernant les concours : les syndiqués SNES, y compris les contractuels, sont majoritairement pour des concours nationaux. Aucun de nous ne veut des concours déconcentrés à l’image du premier degré. Ce qu’on se garde de vous dire, c’est que ces concours en fait sont régionaux. On n’entre ou on ne sort pas en mutation inter comme nous, mais il faut un exeat (une autorisation de sortie) et un ineat ( autorisation d’entrée), puisque le concours qu’on a passé est régional. On n’est reçu que pour ce concours. C’est une fermeture. Qu’on y aille un jour avec la privatisation de l’éducation et la suppression de la fonction publique enseignante est sûr. Qu’on hâte le mouvement – et par un syndicat censé défendre les personnels – est une autre chose. Sans compter que ce sont des concours au rabais : certains y réussissent là où, confrontés à la pluralité, ils auraient échoué. De plus, un vrai concours déconcentré est ouvert sur tout le territoire : simplement l’affectation est dans telle ou telle région. Ce n’est en rien ce qu’on nous propose. En bref, les stagiaires et étudiants, premiers concernés, nous font tous part de leur refus massif de cette mesure à l’IUFM de Martinique !
- Camoufler une « préférence nationale » et décider de faire des tris, est inacceptable dans un service public national. Qu’on se batte pour plus de postes, qu’on se batte pour permettre à diplôme égal que le choix se porte d’abord sur un martiniquais, cela peut se concevoir afin de rester maître de notre destin. Mais le filtrage est intolérable à tout républicain. Et nos enseignements du Second degré ouvrent l’esprit en le fermant à la xénophobie.
- Il nous apparaît idiot de proposer de geler les postes vacants pour les non-titulaires originaires…qui un jour seront des titulaires. Cela revient à transformer inéluctablement et plus rapidement encore en TZR, voyageurs de commerce, les collègues titulaires dont on fermera les postes (109 suppressions sont prévues). Sans compter qu’avec ces 109 suppressions de postes, on en arrivera à chercher les postes vacants à la loupe. Proposer une telle mesure consiste à méconnaître totalement le Second degré et à bafouer ses personnels. La Martinique est d’ailleurs l’académie qui emploie le plus de non-titulaires (3.4% contre 1.8% nationalement, avec des pointes à 10% dans certains établissements) .Non il faut une solution qui permette à tous de fonctionner. C’est la raison pour laquelle nous rappelons notre attachement à un salaire de formation – nous avions déjà fait la proposition au Conseil Régional il y a 4 ans – et un enseignement à mi-temps.

Par ailleurs, la Martinique doit rendre 109 Equivalent Temps Plein et un nombre significatif d’équivalent TZR (aucun arbitrage ministériel n’est encore arrêté nationalement - 5000 en tout - pour aucune académie : la marche vers l’organisme privé qui gérera les remplacements dans l’EN ?). Mais, alors que la Martinique connaît un écart avec la moyenne métropolitaine de plus de :

- 2% de catégories sociales défavorisées
- 10% dans les évaluations en sixième
- 5% de passage en 1ère S
- 7% de redoublements en seconde

Il faudrait qu’elle soit celle qui connaisse la plus grande saignée en proportion de ses effectifs ? Et cela supporté par le collège quasi uniquement ? De qui se moque-t-on ?

C’est bien cette inégalité de traitement qu’il faut combattre, et non pas de pseudo concours au rabais bons pour les Martinico-Martiniquais ! Que l’on donne les moyens aux élèves martiniquais de réussir et on les verra les premiers du CAPES et de l’agrégation. Leur refuser ce droit, et, dans 15 ans, ceux-là même en paieront le prix…

- 1000 points on rectifiera à quelqu’un qui traite l’autre de menteur que si ces points étaient, à l’époque, obtenus par la FEN, nous rappelons que le syndicat de Marie-Michelle Toussaint était le SNI, exclusivement dans le premier degré (qui n’est pas concerné jusqu’à présent par les 1000 points !) quand le SNES gérait le Second degré.
- introduction d’une épreuve de créole obligatoire. Nous laissons aux collègues stagiaires, aux étudiants du campus, aux contractuels, à tous ceux qui se préparent à présenter des concours à réfléchir au barrage que constitue cette épreuve. On notera de surcroît que, pour l’heure, ce sont plus les Réunionnais qui semblent en mesure de réussir les épreuves de créole que les martiniquais. Enfin cela revient à disposer d’un concours spécifique à la Martinique inutilisable ailleurs, qui ouvre la voie à l’éclatement des concours et des affectations.
- Vivre et travailler au pays n’a pas de sens dès lors que le pays ne peut absorber tous ses ressortissants. Avoir des mesures "filtrantes" encourage la réciprocité et les thèses du Front National.
- Enfin, lorsqu’on nous dit qu’on travaille avec des parlementaires, il faut dire lesquels. Lorsqu’on nous dit qu’il n’est pas question de l’article 74, alors pourquoi cette affiche qu’on voit très clairement sur la video de Michel Monrose interviewé et qui évoque le choix du SE pour l’autonomie (envoyé par un syndiqué : http://www.martinique.snes.edu/foru...). Difficile dès lors de croire à l’innocence du SE dans toute cette affaire…d’autant que pour l’emploi, la vie chère et le coût de la vie, nous avons trouvé bien mieux dans notre plateforme.

Enfin, le problème n’est pas pour nous de nous opposer à tel ou tel syndicat mais de faire reconnaître les voix que nous portons. C’est la meilleure manière de respecter la démocratie. C’est aussi la meilleure manière de défendre les personnels dont nous avons la responsabilité. Dans la cacophonie ambiante, comment faire entendre notre voix pour les postes ? Et puis nous savons parfaitement que la route est longue. Si certains croient avoir remporté une victoire, tant mieux. Notre quotidien, au SNES, est fait des difficultés quotidiennes de nos personnels, de ces collègues contractuels qui peinent à faire reconnaître leurs congés de maternité, ou leurs années de faisant fonction de CPE. Or, si nous sommes les meilleurs en terme de résultats sur les concours de CPE, l’absence de postes condamne nos collègues à ne pouvoir intégrer le service public.

Rattrapage des journées perdues : niet ! Sauf bénévolat….

On voit poindre ici ou là l’idée qu’il faudrait mettre en place le rattrapage des heures perdues par la grève. Qu’on soit clair là aussi. Ou bien les collègues étaient grévistes : on ne va tout de même pas leur demander de récupérer les heures de grève ! Ou bien les collègues n’étaient pas grévistes et n’ont pas pu venir faut d’essence ou faute de passage. Si nous sommes tenus d’habiter dans la commune de notre lieu d’exercice, il y a belle lurette que l’usage a changé cela et qu’il n’est guère possible en particulier à un fonctionnaire sujet à des changements annuels ou plus fréquents parce qu’il est TZR, d’habiter sur son lieu de travail. Dès lors nous considérons que nous ne sommes pas soumis, dans le cas d’une grève générale comme celle que nous vivons, à pouvoir être sur notre lieu d’exercice. On ne peut donc dès lors pas demander à un collègue de rattraper ses heures. Sauf s’il est volontaire et que ces heures sont payées. Qu’on soit aussi bien d’accord : dire comme certains syndicalistes que les élèves récupéreront est peut-être vrai dans le premier degré – et encore ! – mais sûrement pas dans le Second degré. Et encore moins pour les élèves de terminales qui ont des dossiers de prépas à instruire. Ou alors on se demande pourquoi on enseigne sur une année scolaire entière !

Liens :
- Forum d’échanges professeurs, élèves : http://www.martinique.snes.edu/forum/viewforum.php?f=22
- Forum sur le mouvement du 5 février : http://www.martinique.snes.edu/forum/viewtopic.php?f=21&t=51
- Liste définitive des 100 familles de produits où les prix vont baisser : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article226
- La plate-forme de revendications-éducation du collectif du 5 février : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article227
- Mise à jour : Plateforme des revendications-éducation et IUFM du SNES au sein de la FSU : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/spip.php?article228
- Retrouver toutes les brèves : http://www.martinique.snes.edu/spipmar/

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