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Mutations

Déclaration du SNES Martinique à la FPMA INTRA du 28 juin 2010

Le SNES Martinique aborde cette FPMA avec le sentiment que l’Education nationale en Martinique est sur le point de basculer dans le chaos le plus total. Cette fin d’année en effet se passe dans la confusion du fait d’un certain nombre de difficultés qui ont pour conséquence de mettre à la peine aussi bien les personnels du rectorat que les syndicats.

Nous nous étonnons de voir que les projets de mutation ou de hors classe soient consultables sur i-prof avant même que les commissaires paritaires aient reçu les documents et aient pu vérifier la justesse de ces informations. Nous nous en étonnons d’autant plus de que cette situation est en contradiction avec l’engagement du ministère cette année. Il faut dire que la mise en ligne des projets pousse les collègues émus ou révoltés à téléphoner au rectorat et au syndicat, désorganisant encore plus le travail des uns et des autres.

Par ailleurs, la suppression drastique de postes cette année pose un problème de fond quant à la profession puisque la précarisation des collègues est contraire à la notion originelle de fonctionnaire, titulaire d’un poste. Sous prétexte de baisse d’élèves, sous prétexte de gestion économique, le ministère fait voler en éclat le cadre de nos métiers.

Il en est de même en ce qui concerne les affectations de stagiaires à 18 heures. Monsieur le Recteur, que nous avons interpellé vainement de nombreuses fois sur ce sujet, semble préférer astreindre nos jeunes collègues débutants à toute la rigueur d’une réforme unanimement condamnée tant par les parents au travers de leurs fédérations, que par les professionnels – enseignants, chefs d’établissement, voire même IA-IPR – au travers de leurs syndicats respectifs. Nos stagiaires seront conscients que d’autres, ailleurs –Bordeaux, Reims, Amiens, Rouen…–, ont une charge allégée avec des supports de 9 à 15 heures, quand ici on fait le choix du petit-bonheur-la-chance, en fonction des moyens disponibles engendrant une inégalité supplémentaire de fait selon les disciplines… et les IPR ! Faudra-t-il attendre l’hémorragie pour réagir et proposer une gestion plus préoccupée de l’humain que de la gestion comptable ?

Au-delà de la situation des stagiaires eux-mêmes, le blocage de postes pour des stagiaires dont on ignore le nombre, opérée plus ou moins en accord avec les textes, obère jusqu’aux priorités définies par le ministre – handicap, carte scolaire, ancienneté – et contribue au chaos actuel. Or, le nombre de postes bloqués – 47– interdit la mutation d’une centaine de collègues. Pourtant, les commissaires paritaires du SNES démontreront qu’il est possible, tout en affectant correctement des stagiaires, de satisfaire les vœux de mutations des collègues : question en fait de choix politique et humain. On comprend dès lors que c’est l’instance même dans laquelle nous siégeons qui se trouve affectée, compromise, si l’on continue sur cette voie de la dérèglementation.

Enfin ce tableau apocalyptique serait incomplet si nous ne dénoncions les problèmes majeurs dus au mauvais calibrage des capacités d’accueil de l’académie, qui nous placent en situation de pénurie dans de nombreuses disciplines, ce qui handicape nos élèves.

En conclusion, le SNES Martinique réitère sa confiance aux services du rectorat, qui, une fois de plus, ont fait des miracles pour faire en sorte que cette Capa se tienne dans les temps et dans les conditions les moins mauvaises. Nous mettons cependant en garde le recteur quant au risque de poursuivre sur cette voie. D’ores et déjà le SNES appelle l’ensemble des personnels de l’Education, quel que soit leur corps à se préparer à réagir dès la rentrée prochaine pour refuser l’étouffement de leur statut.

Pour les commissaires paritaires du SNES,

La responsable du secteur emploi, Secrétaire académique adjointe, Christelle RETORY

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