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BULLETIN ACADEMIQUE SNES MARTINIQUE n°43 Fev-Avr 2009

Edito Liberté d’expression…ou des difficultés d’être un représentant syndical dans certains EPLE Audience Rectorale Le SNEs et la FSU au cours du 5 février Mouvement Inter et Intra : une démagogie dangereuse Tribune La Saison est à l’agression de représentants du SNES Commission de réforme Liste d’aptitude au grade de certifiés Site et forum du SNES Martinique Le Recrutement local : une bombe à retardement CPE : Chronique d’une mort annoncée Cinq questions à Thierry Renard Conseiller Economique et Social Régional Manifestation du 1er Mai Démission au congrès de Jacqueline Petitot Cahier Spécial AVSI

EDITO

Bientôt 2 mois que le conflit du 5 a éclaté au moment de la rédaction de ces lignes. Où en sommes-nous ? Les signes d’essoufflement sont évidents tout comme ceux de dysfonctionnements. On fait sembler de s’étonner que ce qui avait été « acté » en matière d’éducation n’a pas été traduit dans les faits alors qu’acter signifiait qu’on en avait pris acte. Comment un recteur pourrait-il passer outre des textes législatifs  ? Comment un recteur pourrait-il légiférer à lui tout seul pour mettre en place ce qui ne peut dépendre qu’un de la mise en place politique d’un article 74 ?

On se demande s’il s’agit, de la part de ceux qui se sont arrogés la conduite du collectif en matière éducative de naïveté ou de tromperie. Comment peut-on ignorer qu’un recteur a des pouvoirs limités en matière législative ? Comment peut-on ignorer que le pouvoir ne laissera pas – sauf à perdre toute crédibilité – la rue décider alors qu’il existe des élus et des structures en Martinique dont le rôle consiste à servir véritablement de relais législatif et politique. Trop facile de s’abriter derrière eux pour disqualifier un collectif dont le hiatus avec la population apparaît aussi ouvertement.

Dans ce contexte de confusion, nous ne pouvons que nous étonner du gâchis. Alors qu’un CTPA est réuni pour aborder les 109 suppressions de postes, le collectif sur l’éducation vient interdire aux instances représentatives de remplir leur rôle de représentation comme s’il représentait un pouvoir supérieur et que ses orientations étaient le remède miracle à la situation économique de la Martinique. Faut-il pourtant rappeler que ces mêmes syndicalistes qui prétendent prendre en charge le devenir de notre jeunesse en poste dans l’éducation ont laissé mettre à la porte 8000 contrats aidés, dans les collectivités, en décembre, sans même un murmure ? Et on prétend lutter pour l’emploi ?

Il y a longtemps à l’actuelle direction du SNES Martinique que nous considérons que le syndicalisme Martiniquais a besoin d’un coup de lifting. Et nous avons toujours rappelé nos concordances de vues avec Marc Pulvar qui nous avait fait l’amitié de nous inviter à participer à son groupe de travail et de réflexion, peu d’années avant sa mort. Il avait compris que les pages se tournaient et que les luttes prenaient une nouvelle tournure à laquelle il fallait se préparer. C’est ce qui explique l’action du SNES en direction des Contrats aidés il y a deux ans et dont l’émergence a eu lieu l’année dernière. Idem pour le travail réalisé avec les AVSI depuis plus de deux ans, et toute la réflexion que nous menons sur les contrats précaires dans l’éducation et la manière, tout en portant les luttes au niveau national puisque c’est là que les enjeux législatifs se trouvent, de gérer les débouchés de nos jeunes collègues et donc de travailler sur les formations. Depuis de nombreuses années, nous travaillons aussi à relancer la modernisation de nos établissements en matière d’outils informatiques et pédagogiques. Il faut dire que nous avons l’impression d’un immobilisme formidable de la part de nos collectivités, mais aussi des instances concernées du rectorat comme des responsables de nos établissements dont beaucoup se retranchent dans leur bureau, derrière leur France Antilles, au lieu de s’occuper de l’avenir qui est déjà à nos portes.

Quelle ambition pour l’éducation en Martinique ? Quelles formations pour affronter la crise dont on sait qu’elle sera avant tout sociale et que son résultat se comptera en millions de chômeurs et en délocalisations ? Rien. Certains en sont encore à s’interroger sur le seul créole, alors que même la Caraïbe a changé de visage. On oublie que même notre université s’est transformée et que les dernières élections ont changé la donne. La nouvelle doyenne de lettres est une linguiste émérite membre représentante du SNESup à la FSU qui s’honore depuis deux ans de sa présence. D’anciennes structures et habitudes disparaissent pour, nous l’espérons du fond de notre coeur, permettre à nos institutions d’affronter un avenir aux dangers redoutables. Cela signifie aussi mettre fin à ce qui n’est qu’un discours pour se confronter aux réalités, et aux adaptations inévitables si nous ne voulons pas que les aspirations légitimes d’un peuple que nul ne peut prétendre représenter plus que d’autres, ne soient ignorées. Lorsque le SNES Martinique répète que notre système éducatif s’effondre, et que d’autres considèrent qu’il suffit de bac plus un ou deux pour enseigner ici, on constate le hiatus qualitatif et où se situent les vraies exigences, les vraies ambitions et à l’opposé, où sont ceux qui manient la démagogie suicidaire. Non ! On dira ce qu’on voudra, il ne saurait être question pour nous de faire semblant d’accéder à de telles inepties, à de tels mensonges. Nous avons toujours considéré qu’il y a place, en Martinique, pour un syndicalisme droit, honnête, en prise directe avec le quotidien des syndiqués, sans concession avec la défense de nos droits... Et tant pis s’il paraît trop peu politique aux yeux de certains, trop catégoriel dès lors qu’il sied à la majorité de nos syndiqués et sympathisants.

Yvon JOSEPH-HENRI, Secrétaire académique du SNES Martinique

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