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Audience rectorale SNES Martinique du 20 octobre 2009

Monsieur le Recteur et son équipe ont reçu une délégation du SNES Martinique le 20 octobre 2009.

Monsieur le Recteur a tout de suite précisé qu’il ne siègerait que pour la partie politique des points à l’ordre du jour, laissant les points techniques à la gestion de son équipe. Si le SNES-Martinique trouve en effet que le rôle politique d’un Recteur est prépondérant, nous avons rappelé notre vigilance à ce que les détails techniques (voir partie 2), pouvant embarrasser les services, ne soient pas "enterrés".

1. Le politique

Mme Paraclet, secrétaire académique, souhaite la bienvenue à Monsieur le Recteur, et espère des relations de travail cordial, tout en sachant qu’il est là pour appliquer une politique de récession éducative du gouvernement.

M. le Recteur rebondit sur le terme de récession. Les prévisions des évolutions démographiques de la Martinique ne sont pas encourageantes. C’est l’académie qui vieillit le plus vite, la seconde académie pour les stupéfiants, la 3eme ou 4eme pour les violences aggravées. Il affirme que la suppressions des postes ne doit pas être parallèle à la courbe démographique, il faut lutter contre des phénomènes martiniquais non identiques à d’autres académies. Le ministère doit comprendre que nous avons à combattre des phénomènes propres à l’ile. Il luttera contre les effets de simple mécanique au ministère, contre les régimes à partir de seules données chiffrées. Il s’agit d’une véritable déclaration politique ainsi que d’une profonde conviction personnelle, selon lui. Le SNES-Martinique a souvent entendu ces discours émanant des recteurs successifs, mais les faits sont là, ce sont l’équivalent de 5 lycée Schœlcher qui ont disparu en 6 ans dans notre ile. Nous verrons si cette fermeté affichée aura des conséquences lors du prochain CTPA concernant les futures suppressions de postes.

M. le Recteur indique que le rectorat a des marges de progression, le SNES Martinique lui indique d’ailleurs parfois des améliorations organisationnelles auxquelles il doit procéder, selon lui. Il souhaite que le rectorat devienne une administration de service. Que les usagers puissent donc profiter de ce service.

Le SNES-Martinique a répondu qu’il souhaite également que ces audiences soient plus politiques que techniques. Cependant il faut que les services se dotent d’urgence des guichets uniques pour un traitement rapide des dossiers. Les courriers ne sont suivis que de peu de réponse, alors que certains d’entre eux nécessitent parfois des traitements urgents. Ce genre de question ne devrait pas se retrouver en audience rectorale, alors qu’elles datent de plus d’un mois, en particulier le problème de la Hors-Classe.

a. Hors-classe

Monsieur le Recteur répond qu’il sera débattu lors du groupe Blanchet des modalités d’accès à la hors classe. L’IPVS, Eugène Barbe aurait pu donner quelques explications, mais il est absent. Dès demain, les services auront un échange consultatif très important sur les personnels de directions et l’accès à leur hors-classe. Monsieur le Recteur ne voit pas où est le problème pour la hors classe des enseignants… Ce dont le SNES s’étonne après les nombreux courriers envoyés.

M. AUBRY, secrétaire adjoint réitère les critiques statistiques sur les disparités énormes entre disciplines et établissement, concernant les appréciations des IPR et chefs d’établissements, qui pèsent lourd dans la note finale.

Un représentant administratif, interrogé par Monsieur le Recteur, confirme les énormes disparités, confirme également l’absence de notation pour un grand nombre de personnels. Il aurait été étonnant pour le SNES-Martinique de ne pas avoir de confirmation, puisque nous le voyons en Groupe de Travail.

Monsieur le Recteur nous répond qu’il mettra en place une pondération et un groupe de travail, afin d’avoir le plus de transparence possible, contre une justice distributive.

b. La scolarisation des élèves en difficulté et handicapés.

Le SNES souhaitait alerter Monsieur le Recteur sur les statistiques de SEGPA, supérieures à la moyenne nationale, ainsi que sur le cas de professeurs certifiés affectés à temps complet dans ces mêmes filières ; alors que dans le même temps, la politique pour les élèves en grande difficulté nous semblait au point mort : insuffisance d’UPI, ateliers et classe relais moribonds…

Sur les problèmes des néo-titulaires ayant leur quasi intégralité de leur service en SEGPA, notamment en Anglais, M. l’Inspecteur d’Académie indique que Mme la rectrice avait fait un courrier aux chefs d’établissement les incitant à répartir les services sur l’ensemble des professeurs de la discipline. Tout récemment il indique avoir effectué une piqûre de rappel en demandant de répartir les services en interne. Le SNES Martinique se déclare peu satisfait d’une telle réponse plutôt "langue de bois", et qui consiste à se décharger sur les chefs d’établissement. Sur le terrain, pratiquement aucun professeur n’accepte de partager son service pour alléger celui d’un collègue en SEGPA. Nous avons donc redit notre refus de voir la SEGPA devenir une filière en Martinique, notre refus de voir des professeurs non formés envoyés au casse pipe devant ces sections, ainsi que notre volonté de voir le problème réellement traité à bras le corps. M l’IA a indiqué qu’il réunirait les IPR concernés pour traiter de ce problème.

Concernant les UPI unités pédagogiques d’inclusion des élèves porteurs de handicaps, M l’IA indique qu’elles peuvent inclure entre 10 et 12 élèves. Jusqu’alors il y avait 7 UPI, 14 dorénavant. La MDPH a fait connaître tardivement 52 élèves à scolariser à la rentrée – handicapés moteurs : 4-5 élèves. Dans le futur ce sera 3 UPI dans les LP et 2 UPI supplémentaires dans les collèges.

Concernant les classes relais, M. L’Inspecteur d’Académie commence à évoquer les ateliers relais. Il indique il n’y a pas de possibilités de création d’atelier relais sur FdF, mais qu’un projet sur St Joseph est en gestation. Cela supposait la mobilisation de moyens humains qui sont les moyens de l’enseignement privé : difficulté d’ordre juridique que l’administration n’a pas pu résoudre. Le ministère a agréé un certain nombre d’associations – or cette association ne l’était pas –. Devant l’absence de discours cohérent de l’IA sur les classes relais et ses contorsions langagière, Yvon JOSEPH-HENRI – secrétaire académique adjoint - se met en colère et déclare qu’il n’est pas venu là pour noyer le poisson. Il considère que l’heure est grave puisque le GIP qui chapeaute les classes relais en relayant les projets auprès de la communauté européenne est en cessation de paiement. A sa grande surprise, c’est le recteur qui intervient sur le sujet. Dans un premier temps, il déclare que dire que ce GIP est en cessation de paiement est excessif. Monsieur el Recteur n’a cette réunion qu’aujourd’hui. Yvon JOSEPH-HENRI s’étonne alors que les classes relais soient dans un tel état d’abandon : non renouvellement d’assistants pédagogique, de secrétaire, d’éducatrice spécialisée. De plus les collèges supports des classes relais – clg Petit Manoir au Lamentin, clg Gérard Café au Lamentin – sont de leur poche pour des sommes colossales. Du coup, et devant la carence financière du GIP, un établissement comme Gérard Café se refuse à continuer à financer « sa » classe relais. Par ailleurs Yvon JOSEPH-HENRI rappelle que la responsable des projets – cheville ouvrière du GIP en matière de financements – est partie depuis quasiment 6 mois et n’a pas été remplacée. Finalement le recteur consent à reconnaître qu’il s’attèlera à « curer » jusqu’au plus profond la situation du GIP.

Le représentant du SNES intervenu sur le secteur s’estime partiellement rassuré du fait que le recteur ait tout de même conscience des problèmes qui se posent même s’il tentait de les esquiver. Il n’empêche que pour le SNES, l’offre des classes relais est insuffisante et que se pose le problème des rémunérations des intervenants extérieurs, indispensable pour soutenir les structures pédagogiques et amener les élèves à s’intégrer à une communauté. Or ce sont les jeunes les plus fragiles, les plus en difficulté qui sont concernés par ces filières. Si l’on veut lutter contre la délinquance, ces secteurs doivent obtenir toute l’attention et les moyens de fonctionnement nécessaires.

c. Le lycée Schoelcher

Interrogé par les membres du bureau du SNES du lycée, sur sa position concernant les discours de la Région après le refus du permis de construire du lycée Schœlcher reconstruit, le recteur considère qu’un tel lycée est un symbole tel que le monde politique ne peut pas prendre la responsabilité de la disparition de ce lycée. En tout cas, tout en continuant à s’interdire de faire de la politique, le recteur ne nous cache pas qu’il a bien l’intention de s’exprimer ainsi devant le Président de Région et le député Maire de Fort-de-France. Reprenant les propos tenus par le SNES dans un long courrier publié dans la presse, Monsieur le Recteur considère qu’en augmentant le taux de passage en seconde on peut aisément annuler la baisse démographique. Il souhaite pouvoir le porter à 58 %, puis 60 % et pourquoi pas plus dans les prochaines années. Il aura des messages très forts à livrer dans un avenir très proche ! Le SNES-Martinique est heureux de voir ce tel programme ambitieux, l’académie accuse effectivement un retard (53 % de passage de 3ème à 2nde générale) par rapport au national (57 %). Vouloir dépasser la moyenne nationale est ambitieux mais ne doit pas faire oublier le lycée professionnel et sa nécessaire valorisation.

d. Mise au norme parasismique

Le recteur confirme, tout en précisant le fond du sujet, qu’il y a effectivement une enveloppe de 330 millions d’euros de l’Etat pour la mise en conformité parasismique des établissements. Ces fonds qui nécessitent un engagement financier de la collectivité de l’ordre de 20% expliquent peut-être l’absence de réaction de la Région pour poursuivre le programme … Ceci dit, la Région n’a pas touché un centime de cet argent, ce qui ne l’empêche pas de décider péremptoirement que Frantz Fanon va bien alors qu’un bâtiment sérieusement abîmé pendant le séisme est toujours utilisé, et que le lycée Victor Schœlcher – qui n’a pas bougé, lui – est un danger permanent. En même temps ce n’était pas un danger de 2001 à 2008, alors que la commission de Sécurité considérait que l’établissement présentait des risques d’incendie et n’affichait pas une signalétique adéquate et s’opposait donc à une ouverture qui n’a jamais cessé !

Devant tant d’absence d’initiatives régionale, le SNES-Martinique se demande sur quelles bases – sinon idéologiques et politiciennes – la Région s’appuie pour prendre ses décisions.

e. Informatique dans l’académique

Luc Chatel a prévu un grand plan sur l’informatique nous indique M le Recteur. Il donne la parole au CTICE, M Richer Celui-ci nous indique que la moyenne du nombre des postes par élève est de (les chiffres entre parenthèse sont les moyennes nationales communiquées ) : collège 9,75 (nationale 8) lycée GT : 4,26, LP : 4,2 (4,9) et LPO 7,57 au dessus de la moyenne. Mais il y a un manque d’homogénéité, dans les collèges notamment, les chiffres peuvent varier de 4,32 à 23 élèves par poste ! Cette enquête a été complétée par pratiquement tous les établissements, mais M le CTICE ne pense pas les données fiables, tant en raison de l’état des machines qui peuvent être décomptées, que du recensement même (certains postes ne sont pas destinés aux élèves dans les établissements).

Le SNES a demandé un détail de cette enquête. Il conteste les moyennes nationales, car en 2008, on constate une légère amélioration par rapport à 2006 : le nombre moyen d’élèves par appareil passe à 6,1 (contre 6,2) dans les collèges, à 4 (contre 4,4) dans les lycées généraux et technologiques (LEGT) et reste à 3,1 dans les lycées professionnels (LP).

M. Richer estime totalement insuffisant le câblage et l’accès au haut-débit des établissements, ce qui handicape grandement les collègues qui souhaiteraient utiliser les applications en ligne qui prolifèrent désormais. Il indique que les collègues doivent comprendre que la mission TICE pallie un grand nombre de carences des collectivités (conseil général et régional). Ces collectivités devraient à la fois assurer la fourniture du matériel et des infrastructures, ce qu’elles font rarement ou avec beaucoup de retards, ainsi qu’assurer la présence de techniciens TOS à l’intérieur des EPLE, ce qu’elles ne font pas non plus. La mission TICE s’occupe donc parfois d’équiper les établissements, de les câbler ainsi que de former et d’engager des techniciens sur les emplois de vie scolaire (60 assistants d’éducation pour gérer serveurs.), ce qui est un détournement de moyens. Les différents recteurs ont augmenté ces moyens humains et matériels. Mais il convient de séparer l’accompagnement, la formation.

Le SNES-Martinique prend acte et dénonce publiquement le retrait des collectivités dans la chose éducative… une nouvelle fois.

f) Non titulaires

Dio-Faya Richol interpelle le recteur sur les formations de non-titulaires. Dans la presse, il a en effet laissé entendre que tous les personnels non titulaires sont pris en charge alors que la réalité du SNES sur le terrain semble bien différente. Il lui est répondu qu’on en est en effet aujourd’hui toujours au stade de la réflexion. Des discussions avec l’ingénierie financière sont menées pour voir quelle formation peut être éligible et la mettre en place… Il conviendra de nous rapprocher de monsieur Manuel, le mercredi après midi et le samedi matin.

De plus il est difficile de répertorier les personnes réellement concernées car le rectorat ne dispose pas de bases sûres. En tout cas, il semble qu’on s’oriente vers une politique qui tente plutôt de privilégier parmi les contractuels ceux qui peuvent vraiment prétendre utiliser à bon escient ces formations, même si ce choix s’avère impossible dans certaines disciplines.

Dio-Faya Richol interroge le recteur sur la notion de « guichet unique » pour les non-titulaires. Il lui est répondu qu’il s’agit d’éviter que les usagers ne soient promenés de service en service. Ce guichet n’existe cependant pas encore car il reste encore à finir de réorganiser les services (Recteur) toutefois cette mise en place est du ressort de madame MIDAS, directeur des ressources humaines.

Le SNES (la représentante des contractuelles) s’inquiète de savoir si une réunion des CCP pour les AED a eu lieu. Réponse négative. Il est ensuite fait part au recteur des difficultés de ce début d’année, notamment les retards trop importants dans la remise de l’attestation de l’employeur et du certificat nécessaire pour faire valoir ses droits au pôle emploi. D’autres rencontrent des difficultés pour recevoir leurs états de service…Enfin, nous réclamons la généralisation de l’ISO aux vacataires en faisant valoir qu’il y a une inégalité de traitement de nos collègues : certains l’ont obtenue et d’autres non.

Accusé d’utiliser des méthodes du privée, le recteur réplique en considérant que non, il ne s’agit que de rendre notre organisation plus rentable ! (sic ! ici on gère de l’humain)

g) Intégration de l’IUFM à l’UAG.

M. le Recteur indique que cela est toujours d’actualité, mais que les problèmes internes de l’UAG (la guyane souhaiterait sortir du dispositif) ne facilitent pas les choses.

Le SNEs prend acte mais prévient que les étudiants et stagiaires ont déjà soufferts du manque de visiblité des réformes engagées dans notre ile. Les arrêtés sur la mastérisation et les concours arrivent bien tard…

h) Réforme de la carte scolaire

La destruction de la carte scolaire est politiquement un sujet très difficile selon M. le Recteur. Il lui est demandé en haut lieu de l’assouplir le plus possible, mais se pose le problème des établissements attractifs ou non, de la mixité sociale. Il répondra au maximum de ses possibilités, mais tout en prévenant les parents que le taux de satisfaction va baisser ! Cette rentrée s’est de toute façon mal passée, selon lui. Dans le futur, il faudra une mutualisation par bassin, déjà en réflexion. Le SNES restera très vigilant, quant à lui à ce que ne se crée pas encore plus de ghettos scolaires dans notre île : nous souhaitons une véritable politique de la ville, du territoire et de l’école, garantissant une mixité sociale maximum.

2. Le technique

Monsieur le Recteur quitte l’audience et nous garantit des réponses aux différents courriers.

a. Problème de certains personnels ayant acquis la hors classe mais non autorisé à repousser la retraite : AUCUNE REPONSE à ce jour !

b. Les problèmes d’indemnités d’éloignement pour les personnels ayant mutés sont réglés : FAUX, il reste encore deux personnels à Mayotte qui n’ont pas touché leurs indemnités !

c. Conseillers pédagogique encore absent auprès des stagiaires : M. L’Inspecteur d’Académie fera un courrier au doyen des IPR : QUELLE GARANTIE pour l’année prochaine ?

d. Groupe de travail pour la hors classe et les notations : AUCUNE REPONSE à ce jour !

e. Frais de déplacement pour les collègues sur plusieurs établissements : AUCUNE REPONSE à ce jour !

f. Harcèlement des collègues représentants syndicaux : AUCUNE REPONSE à ce jour !

g. Hors classe des CPE : accès hors barème du fait de l’IVS : AUCUNE REPONSE à ce jour !

Compte tenu de l’heure, il ne nous est plus possible d’aborder les autres points très importants de l’ordre du jour – notamment le lycée Joseph Gaillard – que nous abordons directement avec les services en charge des secteurs et le secrétariat.

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