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Lettre flash n°3 du 25 février 2009

22 ème jour de grève contre la vie chère et pour l’élévation du pouvoir d’achat.

Infos générales

Des incidents violents accompagnent la distribution de l’essence. Au Gros Morne, des jeunes sont arrivés avec fusils et bidons pour obliger les responsables de la station à les servir pour aller revendre leur essence en bout de queue. Un de nos militants levé pour être à 5 heures du matin au Vauclin est reparti bredouille à 15 heures : des individus ont bloqué la station en réclamant de remplir leurs bidons ce que les pompistes ont refusé. Résultat, la station a été fermée. Ailleurs des combats ont éclaté avec la gendarmerie.

La FSU et ses syndicats sont sollicités par de nombreux organismes dont, en dernier, l’association pour les personnes en situation de handicap, qui témoignent des difficultés de nombreuses catégories de la population. Les appels mettent l’accent sur l’inquiétude de toute une population devant la situation de grande pénurie de l’île et le sentiment que l’engagement vis-à-vis de la population d’une lutte contre la vie chère est détourné pour des raisons politiques. Le SNES ne peut que réitérer son souhait de voir la lutte se maintenir dans les mandats donnés par la population. Faute de quoi les lendemains risquent d’être terribles.

Dernières minutes

24 au soir : la situation à FDF est pré-insurrectionnelle et les escadrons de gendarmes mobiles sur le qui-vive. Les manifestants et le Collectif empêchent les socio-professionnels de sortir. Des pneus brûlent sur la voie publique en face de la caisse d’épargne et une grille de la Préfecture est largement enfoncée. A tout moment, on risque le clash, le grand soir comme certains l’appellent et l’attendent. Des magasins ont été pillés dans la nuit à Fort de france. Boutiques pillées aux Terres Sainville. Casino est en feu, de nombreuses voitures ont été renversées, bijouteries dévalisées. .

Education

La FSU, et tout particulièrement le SNES Martinique, considèrent que la Fédération et ses syndicats ont toujours été parti prenante dans cette lutte contre la vie chère au sein du collectif du 5 février. Michel Monrose a pris le risque de pousser le SNES dehors et de refuser d’entendre ses propositions pour lutter contre la vie chère et l’emploi en Martinique. Le SNUIPP a pris, lui, le risque de sembler s’allier objectivement au SE. Est-ce à dire que, derrière une lutte sociale, des recompositions syndicales semblent se dessiner ? C’est sans doute excessif, mais nous considérons, au SNES que c’est par une ligne tranchée qui représente la majorité de nos syndiqués que nous faisons en sorte que ces derniers se reconnaissent dans le syndicat. Dès lors qu’on s’approche trop de thèses qu’individuellement on peut partager ou trouver justes, mais qui ne concernent pas la masse syndicale, on obtient un délitement du syndicat. L’idéal est de permettre au syndicat, autour d’un noyau fort, de répondre à l’ensemble des revendications, comme l’a fait toujours fait antérieurement – lors des secrétaires antérieurs – le SNES Martinique (affaire des 1000 points aux individus nés en Martinique par exemple)

Le SE s’est retrouvé lundi 23 février, en nombre (17 personnes), en commission au rectorat et a abordé un ensemble de points, certains repris de la plateforme du SNES (tant mieux mais lorsqu’on ne maîtrise pas le terrain peut-on revendiquer correctement ?), d’autre plus douteux. Le rectorat a informé la FSU qu’il avait souhaité que, concernant les questions du Second Degré, le SNES – très largement majoritaire lors des dernières élections – soit présent pour donner son avis. Pour le recteur, il s’agissait de permettre sans doute un enrichissement de la discussion et surtout d’éviter une contestation ultérieure par le syndicat sorti vainqueur des urnes. Nous apprenons que le collectif s’est opposé à notre présence au débat sur l’Education – pour le Second Degré – jeudi matin en Préfecture.

En somme, le SE, minoritaire dans le Second Degré – comme la CSTM et l’UGTM – entend contourner les élections professionnelles pour imposer une vision étroite du Second Degré. Cela nous paraît plus que regrettable car cela contribue à jeter le discrédit sur le mouvement contre la vie chère.

Le SNES et la FSU rappellent qu’ils ont des propositions fortes pour lutter contre la vie chère et pour l’emploi – et non étroitement pour l’éducation - .

Ainsi la relance du BTP : nous avons au moins 7 établissements tant écoles – même si ce n’est pas notre champ de syndicalisation – que collèges et lycées à reconstruire. Il suffirait que l’Etat avance les fonds avec un prêt à zéro pour cent aux collectivités pour que ces chantiers démarrent et, sur deux ans, relancent l’activité dans ce secteur sinistré.

Pour l’emploi, il va de soi que le SNES ne peut être d’accord sur la proposition actée comme une victoire du SE – rappelons-nous le génocide par substitution – d’un blocage des postes vacants pour le réemploi des originaires. Idem pour l’idée saugrenue d’obtenir que les concours réservés le soient pour les seuls originaires. Enfin, faut-il rappeler concernant le créole que, si on en généralise l’enseignement dans les établissements, il nous faudra recruter à l’extérieur...

Bref, le SNES Martinique est contre tout blocage de postes vacants pour deux raisons :
-  nous nous battons contre les suppressions de postes – et nous sommes bien les seuls dans ce combat ! – ce n’est pas pour bloquer les postes nouveaux qu’on pourrait avoir.
-  La seule lutte intelligente, susceptible de donner de l’air à tous – titulaires et contractuels – consiste à se battre pour des postes. On est plutôt, chaque année dans des fermetures plus que dans des ouvertures. Et on voit bien que nos camarades méconnaissent le terrain, et la situation des TZR et les « mesures de cartes scolaires » qui font valser nos collègues d’un établissement à l’autre. Par ailleurs si cela sous-entend qu’un poste libéré par un certifié ou un agrégé muté doit être systématiquement réservé pour un contractuel, cela ne se peut du fait des règles de la fonction publique. Aller à l’encontre de ces règles irait tout à fait dans le sens de la déréglementation du ministère. Autrement dit le SE – comme la Région qui privatise en externalisant ses services dans les EPLE – ferait le jeu du pouvoir !

Enfin, faut-il se priver – comme le font allègrement les collègues – des jeunes certifiés ou agrégés martiniquais qui entreraient en Martinique ? Lorsque Michel Monrose indique qu’il a obtenu une clause pour les Martiniquais originaires, c’est faux ! Rien de tel ne lui a été donné. Et c’est parce qu’il le sait qu’il tente de déborder les autorités par des annonces précipitées dans la presse. Faut-il rappeler que c’est jeudi que le sujet vient en plénière ? Il serait dangereux de leurrer les gens et ainsi de discréditer un mouvement qui a la faveur de tous.

Non, une fois encore, le SNES Martinique préconise des solutions efficaces mais qui évitent d’opposer racialement les collègues. Plutôt qu’un blocage des postes, nous proposons ce qui existait pour les MA, une garantie de l’emploi (pas à n’importe quel prix, pas forcément à vie). Une garantie de l’emploi permet de la fluidité et non un couperet. Cela permet aussi de respecter une certaine hiérarchie et d’éviter de léser les titulaires.

Enfin, imaginer un concours réservé aux seuls contractuels originaires ne tiendra jamais devant un tribunal européen ou même le conseil constitutionnel. Pis, cela nous remet dans l’œil du cyclone avec les 1000 points que le gouvernement a du mal à avaler pour « les originaires ». Enfin, qu’est-ce que cette vision misérabiliste de nos contractuels ? S’ils sont bien formés, (et le SNES seul fait son audit chaque année et va devant le recteur pour tenter d’améliorer les formations), nos contractuels font des merveilles au CAPES interne ou externe.

Quoi qu’il en soit, nous n’accepterons jamais que le SE et Monrose puissent prétendre parler au nom du SNES ou de la FSU, qui ne se sentiront évidemment pas engagés par leurs signatures. Plus grave, ils perdent toute légitimité à prétendre parler d’Education puisqu’ils ne représentent véritablement que le 1er degré.

Resquilleurs

Chacun est libre de décider de faire ou non une grève. Lorsqu’on est gréviste, il est évident qu’on n’aime guère voir « des jaunes » travailler et profiter des avancées obtenues, s’il y en a. Il n’y a par contre rien de pire que de voir ceux qui font semblant d’être grévistes, qui sont membres de mouvements politiques ou syndicaux et qui viennent pointer le matin – parce qu’ils sont fonctionnaires – pour repartir manifester et donner le change, croient-ils ! On les voit, on les débusque et on leur présente un miroir pour qu’ils se regardent. Ils ne méritent pas plus, mêmes lorsqu’ils sont politiquement bien en vue… Et puis il y a aussi ceux qui prétendent lutter pour l’emploi mais qui, en CA d’établissement, votent pour des entreprises à plus de 30 000 euros pour un entretien quelques jours par mois au lieu des Tos ou des contrats aidés qui étaient en permanence dans l’établissement. Cela aussi il faudra le dénoncer le moment venu…

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