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Circulaire n°2

A PROPOS DE « L’ ARRIVEE MASSIVE D’ENSEIGNANTS METROPOLITAINS »

La CSTM et l’UGTM éducation, dans un tract publié en février ont parlé de « génocide par substitution » à propos de la présence de métropolitains sur le sol martiniquais. En septembre, ces mêmes syndicats ont repris ce discours à propos d’une « arrivée massive de métropolitains » qui prennent la place des Martiniquais réduisant les non titulaires au chômage.

1. Dans un communiqué de presse que vous trouverez ci-joint (dans la rubrique "Actions Académiques" de ce site), le SNES Martinique a dénoncé des propos et des agressions racistes. Rien ne justifie l’utilisation de la haine et la division des communautés pour aborder un problème d’emploi en Martinique. Rappelons que c’est à la suite de difficultés semblables surgies dans le temps à Trinité que le SNES Antilles-Guyane avait obtenu l’attribution de 600 puis 1000 points en faveur des Martiniquais qui souhaitent rentrer au pays. Depuis, tout Martiniquais qui le souhaite peut entrer en Martinique dès lors qu’il y a des postes, et nous pouvons nous opposer légalement à toute tentative de contournement de ce barème.

2. Il existe des lois qui punissent d’ailleurs l’incitation à la haine raciale et une démocratie ne peut tolérer de tels comportements : on se souvient des propos d’IBO Simon en Guadeloupe et des conséquences de ses propos à l’égard d’une communauté caribéenne.

3. Qu’en est-il au fait d’une « arrivée massive de métropolitains » ? La camarade du SNES en charge du secteur des mutations a constaté que 257 personnels d’enseignement dans le second degré avaient obtenu une mutation ( en externe) pour la Martinique. Parmi eux 115 originaires. Cela fait donc 142 métropolitains entrants, qu’il faut rapprocher des 145 métropolitains sortants qui ont quitté l’académie cette année : le solde cette année est donc nul et même légèrement négatif. Et encore sur ces entrants, il faudrait en enlever une bonne quinzaine qui, finalement ne sont pas venus !

A croire que seul le SNES travaille en profondeur sur les mutations des personnels du second degré… Or c’est sur ces bases déformées que la CSTM et l’UGTM éducation ont agressé verbalement les nouveaux arrivants, choquant de nombreux camarades antillais qui nous ont fait part de leur effarement. La presse elle-même est surprise par ce qui apparaît de plus en plus comme une tentative d’exploitation politique d’un phénomène qu’on tente de créer de toutes pièces. Par l’utilisation des propos de Césaire, on tente de faire croire que la situation d’alors se reproduit aujourd’hui, en utilisant la mémoire du peuple martiniquais, pour essayer de provoquer un repli sur soi des Martiniquais qu’on exploitera à des fins politiques. Chacun a le droit d’avoir l’opinion politique qu’il veut, mais encore faudrait-il avoir l’honnêteté de ne pas tricher pour être crédible. Et puis, il faut aussi admettre que le contexte politique et économique n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a 30 ans, malgré la persistance de spécificités locales en Martinique contre la disparition desquelles le SNES Martinique continue de lutter.

4. Enfin, vouloir faire croire aux non titulaires que le départ des métropolitains leur redonnerait le travail qu’ils ont perdu est fallacieux : demain et après demain, nous allons voir les postes diminuer encore et disparaître. Et les premiers touchés seront les précaires.

Il faut donc plutôt se battre contre la diminution des postes dans les établissements et des postes aux concours, y compris aux concours réservés et professionnels, ouverts aux non titulaires. Rappelons que le SNES Martinique, depuis la dernière rentrée scolaire, appelle au renouvellement du plan Sapin de résorption des non titulaires qui se termine en 2005. On peut, bien sûr, réclamer un concours « spécifique » à destination des non titulaires martiniquais, comme le réclame l’UNSA. Mais qu’on n’oublie pas que c’est sur cette stratégie d’un traitement spécifique de la retraite et de la sécurité sociale que la CSTM s’est battue en vain ! Même résultat pour ceux qui demandaient une exception pour le traitement des ATOS dans les Dom.

L’Education Nationale est en train de disparaître, notre statut national est gravement menacé : qui parmi nous souhaite perdre son statut national au profit d’un statut local ? L’emploi est en régression partout et tous les avantages sociaux des 30 dernières années sont en voie de disparition. Et chacun de nous a bien compris que cette offensive dépasse le cadre de la Martinique et celui de la France puisqu’il concerne l’Europe et la mondialisation voulue par un patronat réactionnaire. Ce n’est pas le combat de certains syndicats qui préfèrent abandonner les 40 % conquis de haute lutte, et qui souhaitent un statut local pour tous.

Il serait bien plus judicieux, dans ce contexte, d’établir un front commun de luttes pour écarter ces menaces, les plus graves que nous ayons connues depuis la création de la fonction publique nationale. C’est à quoi le SNES Martinique travaille, comme il n’a cessé de le faire depuis le mouvement de mai et juin 2003.

Fort-de-France, le 16/09/2004

Yvon JOSEPH-HENRI

Secrétaire académique

Snes Martinique

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